De famille italo-allemande, il naquit au cœur des Alpes suisses en 1985. C’est toutefois sous le soleil ardent de Sardaigne, loin du carcan glacial des montagnes valaisannes, qu’il dégusta ses premières voluptés littéraires. Sur la Côte d’Émeraude, les roches de porphyre rouge chauffées par l’été et l’air iodé des plages immaculées du Grande Pevero accompagnèrent avec une bienveillance toute latine son initiation aux facéties d’Ésope, aux massacres élégants d’Eschyle et au souffle parfait d’Homère.

Ce choc grec originel le dota d’un amour immodéré pour les nations insulaires, le grand large et ses innombrables archipels. Vers quatorze ans c’est encore en Italie, à l’ombre cette fois de la pinède toscane, que se produisit son deuxième coup de cœur littéraire. Il déflora quelques grâces des lettres japonaise sous les ténèbres fraîches des pins à travers entre autres les mots ensorcelants d’Akutagawa, de Mishima, mais surtout de Tanizaki.

Ce dernier lui légua, par son étude splendide des liens entre dégénérescence et érotisme, une adoration sans bornes pour la sensualité inhérente à la culture nipponne. Puis il connut le privilège d’un éveil au sexe par une princesse du Soleil levant. Il comprit alors, avec la clarté d’esprit qui suit l’orgasme, sa soif de faire sienne une part de l’âme japonaise.

C’est pourquoi il partit s’installer à Kyoto début 2012. Obsédé par l’esthétique de l’Archipel, il y entama une longue étude de la calligraphie (Shodo), de la Cérémonie du Thé (Sado) et de l’arrangement floral japonais (Kado, ou ikebana). Diplômé de l’école Misho-ryu, il enseigne aujourd’hui les fleurs à Osaka.

Bastian Florian Rohr a publié dans nos éditions une nouvelle “L’Amaryllis décapitée” dans notre recueil “Trente-et-un/Dix, volume II“: une histoire d’agonie et d’Ikebana…

L’année prochaine, nous publierons son premier roman, selon l’auteur: “un livre [qui] se propose, par un mélange d’aphorismes et d’essais personnels tirés de mon journal, d’explorer les raisons de ce passage à l’Est. J’y détaille aussi les liens souterrains mais bien réels qui existent entre sexe, pétales et Extrême-Orient. On y parle également de yoga, de mémoire, de voyage, d’onirisme et de filles sans visage. En l’écrivant, j’ai souvent croisé Lucifer, mais parfois aussi quelques anges ! Vous y trouverez en somme les errements orientaux d’un petit onaniste.”

Le site personnel de Bastian Florian Rohr.